Rédigé par le Dr Daniel Klem, ornithologue de renommée mondiale et expert dans le domaine de la sécurité des oiseaux : Annuellement, le verre transparent et réfléchissant que l’on retrouve dans les constructions résidentielles et commerciales des milieux urbains et ruraux, est un meurtrier passif et invisible pour des milliards d’oiseaux sauvages à travers le monde. Ce n’est que depuis la dernière décennie que des progrès significatifs ont été réalisés pour épargner davantage la vie des oiseaux. 

Que savons nous: L’évidence factuelle

Les oiseaux décédés ou mourants, victimes du verre, sont souvent cachés de la vue, gisants dans la végétation plantée près des bâtiments. Nos connaissances collectives révèlent que les fenêtres transparentes et réfléchissantes de tous les formats sont invisibles pour les oiseaux.   Ce qui explique quelles différentes espèces d’oiseaux et combien de ceux-ci sont tuées par une fenêtre spécifique, c’est la densité des oiseaux de l’environnement immédiat de ce danger invisible (moins de 10 mètres).  Les oiseaux succombent habituellement d’un traumatisme crânien. Par exemple un oiseau de la taille d’un moineau n’a besoin que d’être perché à moins d’un mètre d’une fenêtre pour avoir un élan suffisant pour se tuer en frappant la surface du verre. Le nombre annuel de mortalités dû au verre est estimé entre 16 et 42 millions au Canada et de 365 à 988 millions aux États-Unis, sans compter les milliards qui ne sont pas comptabilisés à travers le monde. Cette spécifique et invisible menace pour la vie des oiseaux affecte négativement la biodiversité de notre planète.  

Solutions: La conception de bâtiments pour prévenir les collisions involontaires

C’est pendant la dernière décennie qu’une plus grande attention médiatique a attiré l’intérêt du public et des professionnels du secteur de la construction comme les transformateurs de verre, architectes, entrepreneurs et architectes paysagistes. Cette sensibilisation accrue et l’action qu’elle a stimulée sont le résultat de la science qui décrit la menace que pose le verre pour la vie des oiseaux et justifie sa prévention. Les efforts qui sont déployés en Amérique du Nord ont guidé un nombre croissant de solutions afin de protéger et de sauver ces créatures spéciales.

Une pratique utile de ce standard est celle de s’assurer que le verre soit traité (marqueurs visuels) sur les 16 premiers mètres à partir du sol. Cette hauteur garantit que l’image des arbres matures ne sera pas reflétée sur le verre et ainsi ne trompera pas les oiseaux qui tenteraient de les atteindre.  À l’échelle régionale, le Minnesota a adopté une loi pour la protection des oiseaux, et celle-ci couvre l’état en entier, tandis que la loi sur la protection de l’environnement de l’Ontario ((EPA) Environmental Protection Act) contient plusieurs dispositions relatives visant à protéger les oiseaux contre les collisions sur le verre.  Au municipal, des réglementations tant volontaires qu’obligatoires ont été adoptées pour la sécurité des oiseaux à Calgary, New York, Portland, San Francisco et à Toronto. Afin d’aider les architectes et autres professionnels de la construction, des guides pour la conception d’immeubles pour la sécurité des oiseaux furent publiées par l’American Bird Conservancy, le New York Audubon Society et les départements d’aménagements urbains de Calgary, Toronto, Portland et San Francisco.

Il y a à peine dix ans, il n’existait aucun produit pour la protection des oiseaux offerts aux architectes. Aujourd’hui, il y a de nombreuses options et celles-ci sont en constantes augmentations. Les expériences scientifiques ont démontré que les marqueurs visuels pour la sécurité des oiseaux doivent recouvrir l’ensemble de la surface du verre. Les éléments qui constituent le design des marqueurs visuels doivent être espacés de 10 cm si orientés à la verticale, et de 5 cm si orientés à l’horizontale.  Les marqueurs visuels peuvent être de n’importe quelle forme, comme des points, lignes, rectangles, et peuvent être aussi petits que 2 mm couvrant 7% de la surface tout en offrant la même protection que des marqueurs visuels de 13 mm de largeur couvrant 50% de la surface. Les marqueurs visuels peuvent être visibles pour les oiseaux et les humains, et peuvent être appliqués avec des pellicules plastiques pour les édifices en rénovation (sans changement de la fenestration), tandis que pour les nouvelles constructions la peinture à céramique ou le dépolissage à l’acide peuvent être utilisés. 

Des motifs pour la sécurité des oiseaux efficaces qui sont invisibles pour les humains mais visibles pour les oiseaux, sont créés à l’aide de zones de réflexion et d’absorption des rayons ultraviolets (UV). L’utilisation de motifs UV pour prévenir les collisions des oiseaux sur le verre, est une solution élégante et peut-être même la meilleure puisqu’elle protège les oiseaux sans obstruer la vue vers l’extérieur. Qu’il s’agisse de rénovations ou d’installations de nouvelles fenêtres, il est essentiel que les marqueurs visuels soient appliqués sur la surface extérieure du verre pour être efficace.

Conclusion

La problématique imposée par le verre, pour les oiseaux en général, nuit à leur habilité de survie. Les pièges invisibles que nos fenêtres posent aux oiseaux sont ceux contre lesquels ils ne peuvent se défendre ou modifier leur comportement pour se protéger. Nous, en tant qu’humains, devons protéger ces innocentes vies sans défense, qui sont utiles pour la nature et qui jouent un rôle essentiel dans notre écosystème. Nous pouvons résoudre ce problème pour les oiseaux, mais non sans l’aide créative des architectes, autres membres de l’industrie de la construction et les légions d’individus passionnés à sauver la vie d’un grand nombre d’oiseaux des collisions contre le verre dans le monde entier. 

Produit mentionné dans cet article